1965… l’Europe déja

Périple vélo à travers l’Europe avec Pierre CAILLET, Gérard KASSIBRAKIS, Guy SAUVIER et Roger VILLARD

du 01 août au 09 septembre 1965.

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Au compteur du vélo le total fait 4046 km alors que les distances indiquées sont celles des cartes soit 3877 km.

Résumé d’un périple à travers l’Europe du nord à bicyclette.

Parti d’un défi, entre copains du collège Guynemer à Grenoble, Gérard et Roger avaient décidé de montrer de quels coups de pédales ils étaient capables. Il fallait absolument battre le record de Patrice et d’un autre copain, établi en août de l’année précédente sur les routes Suisses et Italiennes, (2000 km). Très beau circuit dans les Dolomites, ou il fallait avoir de bons mollets pour franchir les redoutables cols Alpins.

Après plusieurs mois de réflexion et de recherches d’itinéraires, intéressants et pittoresques, nous optons pour le Danemark. L’expérience nous rappela que le nombre idéal pour monter une bonne équipe, pour des cyclotouristes en particulier, était compris entre deux et huit, et qu’il fallait éviter les nombres impairs trois ou cinq par exemple. Patrice et son copain n’étaient pas disponibles pour partager ce voyage ce qui fit que Gérard et Roger durent chercher d’autres compagnons pour former une solide équipe. Pierre fut le premier à accepter. Robert qui était un ancien compagnon des épopées de 1961, 1962, ne pouvait pas, lui aussi, se joindre à nous. Ce fut très peu de temps avant le départ, un mois à peine, que Pierre nous présenta son ami Guy, solide cycliste, sympathique, discret et attachant. Ouf ! Notre équipe était formée. Il fallait maintenant, convaincre les parents, vérifier et rassembler le matériel, s’assurer que les bicyclettes étaient bien préparées, établir un budget pour chacun d’entre nous et faire quelques tours de roues ensemble pour s’assurer que nous pouvions partir dans de bonnes conditions. Malgré le peu de temps qu’il nous restait pour peaufiner les derniers détails tout fut prêt pour le départ le premier juillet 1965.

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Les quatre compères se rassemblèrent de bon matin, chez Roger, par un temps maussade et pluvieux. Les bicyclettes étaient bien chargées et devaient peser aux environs de 40 kilos chacune. Le père de Roger, ancien cyclo lui aussi, avait le sourire et nous nargua quelque peu avant le grand départ. _ Si vous arrivez, avec votre bazar, à Aix les Bains ce soir, vous aurez bien roulé _. C’était exactement ce qu’il fallait dire pour nous aiguillonner et attiser notre motivation, puisque le soir même nous plantions la tente à Genève.

Effectivement, le mauvais temps qui allait nous accompagner pendant les deux tiers de notre parcourt, n’entama en rien notre moral et les étapes se succédèrent en moyenne au rythme de 130 km par jour. Lors de la 2 ème étape Genève/ Neuchâtel Roger se retrouva au fossé pour éviter la remorque d’un camion qui se rabattait sur lui. Le frein avant et la pédale gauche du vélo en firent les frais, plus quelques égratignures sans gravités. La moitié de l’étape si fit avec la seule pédale droite. C’était un jour férié vers 18 heures, un peu avant Neuchâtel. C’est à Bienne exactement que l’on se mit à la recherche d’un mécano pour tenter de réparer les dégâts. Le culot nous poussa à déranger le marchand de bicyclette local qui prenait son repos dominical chez lui. Pour des cyclistes dans l’embarras, il nous dépanna gracieusement et avec le sourire. C’était bon signe et encourageant pour la suite de notre aventure. La 5 ème étape fut longue, pluvieuse, froide, pénible et du fait de sa longueur, 166 km, nous arrivâmes à la nuit tombante à Manheim. Grande ville, plus grande que Grenoble, nous cherchons l’auberge de jeunesse pour manger et passer la nuit au chaud et au sec. Sans carte de la cité, dans le noir, sans un chat dans les rues, nous roulons à l’aveuglette à la recherche d’un poste de police ou d’un quidam bien veillant pour nous renseigner. Peine perdue, malchance, rien ! Il faut absolument trouver quelque chose, ou au moins, un coin pour planter la tente.

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 Chemin faisant et au bord de la route nous distinguons des arbres et un espace qui ressemble à un pré. Bizarre ! Pourquoi y a-t-il un trottoir, une clôture et un petit portillon sans verrou ni poignée qu’il suffit de pousser pour renter ? Vue l’heure, la fatigue et la faim nous entrons et plantons les tentes sur une herbe courte et un sol souple. Vite, un frugal repas et hop dans les duvets. La nuit fut courte, car inquiets de ne pas savoir où nous étions exactement. Au réveil, Roger ouvre la tente. Immédiatement il réalise que son doute de la veille était bien fondé. Branle bas de combat, tout le monde sur le pont, disons plutôt, sur le gazon, nous sommes dans un jardin public, en pleine ville. Horreur ! Imaginez deux toiles de tentes et quatre bicyclettes plantées place Victor Hugo à Grenoble. En moins de temps qu’il n’en faut à un sapeur pompier pour s’habiller et sauter dans son camion, nous sommes sur la route le nez dans le guidon. Six jours plus tard nous quittons l’auberge de jeunesse de Hambourg de bonne heure sans déjeuner à cause d’un problème d’horaire de réfectoire. Nous roulons depuis deux heures au moins lorsque nous nous apercevons que nous sommes revenus à notre point de départ. Voilà ce que c’est que d’ignorer les langues étrangères ! Après un moment de déception et une relecture de la carte nous repartons la faim au ventre. Cette fois nous sommes sur le bon chemin et vers 14 heures nous trouvons un petit coin pour manger, il était temps. Il ne pleut pas, le soleil joue à cache-cache avec les nuages tout va bien. Nous filons à bonne allure sur une piste cyclable bordée d’arbres et longeant un petit canal quand tout à coup nous sommes doublés par deux cyclistes Hollandais qui nous saluent de la main _Gutentag _. Surpris nous décidons spontanément de leur coller à la roue et de les doubler histoire de leur montrer qui nous sommes. La course commence et nous nous doublons et redoublons jusqu’à ce que l’un ou l’autre décroche. Au bout de plusieurs relais nos jambes mollissent et les Hollandais droits sur les pédales nous sèment et disparaissent loin devant. Nous relâchons le rythme d’enfer et reprenons une vitesse de croisière plus convenable. Un peu vexé par ces Néerlandais qui, nous sommes convaincus, ne tiendront pas un train pareil bien longtemps et que nous les retrouverons bientôt.. En effet, peu de temps après, sur le côté droit de la piste, de l’autre coté du canal, plaqués contres des arbres pour ne pas êtres vus nos deux sprinters reprenaient leur souffle. Nous les avons alors salués_ aufvidersen_ avec un grand sourire, histoire de les narguer à notre tour. A peine venions nous de laisser nos deux essoufflés se refaire une santé que deux Allemands en tandem nous doublent à vive allure et nous saluent _ Gutentag_. C’en été trop! On n’allait pas se faire semer une seconde fois par des Teutons, et aussitôt la poursuite recommence. Le scénario sera le même et nos mollets tétanisés nous rappellent à l’ordre et nous laissons nos deux nouveaux adversaires partir comme des forcenés. Bah ! ils vont faire comme les Hollandais d’ici quelques kilomètres on les retrouvera en train de vomir leurs tripes sur le bord de la route. Il n’en a rien été nous n’avons retrouvé, ni vu ces deux costaux des manivelles. Cette petite folie nous aura fait griller une étape et arriver à Puttegarden un jour plus tôt. La fatigue et le moral faiblirent un peu lors de la 12ème étape Rodbyhavn/ Copenhague. Roger du prendre les commandes avec Guy pour entrainer Gérard et Pierre qui commençaient à râler et à ralentir l’allure. L’arrivée au camping remonta le moral à tous et les 3 jours de repos furent salutaires. Le lendemain nous partions en touristes vers le centre de Copenhague le vélo délesté de son lourd chargement, et là, stupéfaction. Gérard, le premier enfourcha sa bicyclette et après quelques mètres se retrouva par terre sous les rires des copains. Il resta à terre et lança, _ Prenez vos bécanes vous allez voir _. Crâneurs et naïfs à la fois les trois autres acolytes sautèrent en selle et se retrouvèrent au sol après quelques zigzags pendant que Gérard savourait le curieux spectacle. _ Alors les gars on ne sait plus faire du vélo ?_ . Dépouillées des sacoches, du matériel, tentes et gamelles, les bicyclettes étaient comme incontrôlables. Il nous fallut quelques tours de roues pour maitriser notre machine tant l’écart de poids était importante et la conduite différente.

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Une réponse à “1965… l’Europe déja”

  1. 14 11 2010
    bumat (17:53:05) :

    Belle epoque ou on pouvait deranger un mecano le dimanche et se faire réparer les vélos gracieusement et avec le sourire !!!! Si cela a changer, reste des similitudes entre les époques: malgré les difficultés, votre bonheur d’etre sur le velo, que l’on ressent très bien dans ce beau récit, la joie de larguer « les teutons » etc….ça rapelle bien le team Attila Sport tout ça !!!!! En tous cas, je me suis vraiment régalé à lire ce périple avec photos à l’appui, bravo et chapeau parce qu’avec 40kg les mollets ont du chauffer!!!!
    Vincent

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